L’AUBRAC dans tous ses états (22)

Le patrimoine bâti vernaculaire (2)

Recoules d’Aubrac atteste aussi de ce riche passé.

L’église romane de Recoules d’Aubrac, dédiée à Saint-Jean les Hospitaliers (de Jerusalem), était la propriété de l’Ordre des Templiers. Et le prieuré dépendait initialement de la Commanderie de … La Capelle-Livron. Oui, oui, là bas, dans le Quercy, à trois pas de chez nous ! Aussi n’est-il pas étonnant de trouver ici et là et jusque sur certaines anciennes plaques tombales, des Croix de Malte.

Aubrac, Recoules d’Aubrac, église-CC BY-NC Jacques BOUBY

Et il est opportun de se rendre compte qu’en ces lieux que l’on peut imaginer plutôt désertiques et indolents, un extraordinaire creuset bouillonnait d’influences diverses, alliances ou conflits, de transactions, de contestations entre Seigneuries, Paroisses, Doms d’Aubrac, Ordres religieux et Evêchés. Sans compter les litiges accrus lors de l’abolition de l’Ordre des Templiers en 1312 et la confiscation de leurs biens. Paroles de… Recoulais 🤪

Aubrac, Recoules d’Aubrac, église-CC BY-NC Jacques BOUBY

Côté cimetière, on peut apercevoir son portail d’entrée à voussures (claveaux) en plein-cintre taillées dans du grès rouge et sa protection en corniche (on peut y admirer 2 sympathiques modillons zoomorphes eux aussi taillés dans le grès et quelques autres sculptures)

NB Contrairement à l’autre face, complètement aveugle, celle-ci est percée d’ouvertures. Pourquoi ? Mais parce que le Grand Nooooord !

Aubrac, Recoules d’Aubrac-CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, La Bastide d’Aubrac-CC BY-NC Jacques BOUBY

La Bastide d’Aubrac. Voilà encore un village qui bien que fort modeste atteste de ces luttes d’influence au long d’une histoire mouvementée d’appartenances. Ainsi dès le XVè la rue principale sépare la partie dépendante de Condom d’Aubrac de celle rattachée à Saint-Côme d’Olt, et plus antérieurement encore La Bastide dépendait de la paroisse d’Aunac et encore du prieuré de Levinhac, dans la vallée d’Olt (sur le passage des troupeaux transhumants du Rouergue) qui possédait des terres à La Bastide … mais tout cela plus ou moins piloté par la Domerie d’Aubrac

Cette situation un tantinet ubuesque engendrait un incroyable lacis de baux, de charges, d’obligations, de conventions, de contrats et bien entendu, de conflits.

Aubrac, La Bastide d’Aubrac-CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, La Bastide d’Aubrac-CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, La Bastide d’Aubrac-CC BY-NC Jacques BOUBY

Ce sont 13 granges monastiques satellites de la Dômerie d’Aubrac que les historiens recensent soit sur le plateau, soit plus bas.

Aubrac, Bonnefon sous la neige- CC BY-NC Jacques BOUBY

Ainsi la Grange et la Tour de Bonnefon (Bona-Fount = Bonne Fontaine/Source) — auxquelles la neige peut donner cette impression de solitude perdue dans ces espaces isolés — ne datent pourtant pas d’hier, seulement un siècle après de la création de la Domerie d’Aubrac. Administrée par un «granger», Religieux de la Domerie (au tout début), c’était un grenier rassemblant les énormes récoltes de la Domerie. Et une propriété d’environ 300 ha dont les terres s’échelonnent entre 900 et 1300 m.

Une belle cheminée aux armes d’un dom d’Aubrac, de la famille d’Estaing rappelle cette période faste.

Aubrac, Bonnefon sous la neige- CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Bonnefon sous la neige- CC BY-NC Jacques BOUBY

Parfois unique bâtiment, ici la « Grange » se présente comme un véritable hameau avec dépendances, aire à battre, fours, moulins,  viviers à poissons, et… église.

Aubrac, Bonnefon sous la neige- CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Notice, Bonnefon- CC BY-NC Jacques BOUBY

Bien sûr, ce n’était pas un secret, aussi les Routiers (Anglais, certes mais pas mal d’Armagnacs et Bourguignons 🤪) qui comme on l’a vu, pillèrent et incendièrent Saint Chely ne se privèrent pas de cette aubaine, d’où la construction au XVè de cette énorme tour à meurtrières de 4 étages pour défendre grange et greniers. Il n’y avait pas à proprement parler de gardes patentés mais les habitants alentours étaient astreints aux tours de guets et de garde.Toutefois cela ne suffisait pas à décourager aventuriers et… messires (brigands à l’occasion). Evidemment à la Révolution tout cela fut vendu comme bien national et racheté par quelques riches marchands de Laguiole et Saint Geniès.

Aubrac, Tour de Bonnefon – CC BY-NC Jacques BOUBY

On peut vérifier la présence d’éléments défensifs, des mâchicoulis aux meurtrières, complétées plus tardivement par des bouches à canon (visibles au bas de la bâtisse), hourds en bois de belle charpenterie restaurés en 2008.

Aubrac, Tour de Bonnefon – CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Tour de Bonnefon – CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Tour de Bonnefon – CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Tour de Bonnefon – CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Bonnefon – CC BY-NC Jacques BOUBY

Cette étonnante petite chapelle raconte dans sa simplicité austère un événement déchirant. Bernard Talon de Fontbrune, négociant en textiles, de Saint Géniès avait donc à la Révolution acheté une partie du Domaine de Bonnefon vendu comme bien national et s’était carrément installé à Bonnefon. Son fils Antoine lui succéda et eut une unique enfant : Marie Cécile Pauline à laquelle il voua une véritable dévotion. Hélas, hélas, celle-ci mourut à l’âge de 10 ans. Inconsolable Antoine Talon fit édifier cette chapelle mausolée qui abrite le tombeau en marbre blanc de sa fille chérie et dans laquelle il est lui-même enterré.

Aubrac, Bonnefon – CC BY-NC Jacques BOUBY

Or donc était déployé tout un réseau de granges monastiques dépendantes et gérées par la Domerie d’Aubrac : Bonnefon, Aulos, Cisternes, Les Salhens, Salèles, Le Viala, Castelvieil, Plagnes, Malet, Prades, etc et tout là bas hors Aubrac, près de Bertholène, la grange monastique des Bourines, «mère nourrice» de la Domerie d’Aubrac aux énormes ressources agricoles (cultures et élevage). Et aux exceptionnelles fortifications !

Voici la Grange de Prades ou plutôt de La Salle, contemporaine de celle de Bonnefon, devenue véritable château avec fortifications tour, murailles, pont-levis… à partir de la Guerre de Cent Ans (1337/1453).

Aubrac, Prades-d’Aubrac, Grange/chateau de La Salle-CC BY-NC Jacques BOUBY

Incroyable ! On possède un inventaire de 1640, de l’Hôpital d’Aubrac et ses annexes, dont sur une douzaine de pages, de toutes les pièces, + granges, four, pigeonnier, chapelle, caves, terres, jardins, vignes, ruches et … prisons de la grange/château de La Salle de Prades.

… Qui va des burettes en étain de la sacristie à la fourche à foin en passant par la hallebarde de la tour… 🤪

Aubrac, Prades-d’Aubrac, Grange/chateau de La Salle-CC BY-NC Jacques BOUBY

En 1462, François d’Estaing, futur évêque de Rodez (très honoré dans le terroir) naît au château de la Salle.

Évidemment comme ailleurs, en 1792 le domaine de La Salle est vendu comme  Bien National. Il faut savoir que si les nationalisations opérées à la Révolution allaient… euh ! dans le sens de l’histoire, elles ne rencontrèrent pas l’enthousiasme des populations qui se virent souvent privées des communaux que la Domerie et ses Granges laissaient utiliser avec bienveillance pour le pacage des animaux ou la collecte du bois.

Aubrac, Verlac, église Saint Jacques-CC BY-NC Jacques BOUBY

Verlac et son église Saint-Jacques dépendait de l’abbaye de la Chaise-Dieu, tout là haut, vers le Nord. Un aperçu de plus de l’incroyable enchevêtrement d’influences et d’appartenances diverses !

Aubrac, Verlac, église Saint Jacques-CC BY-NC Jacques BOUBY

Clocher inattendu pour un édifice plutôt roman, plus récent, à l’évidence.

Belle surprise au porche d’entrée : élégantes colonnettes et chapiteaux sculptés.

Aubrac, Verlac, église Saint Jacques-CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Verlac, église Saint Jacques, chapiteaux-CC BY-NC Jacques BOUBY

Mais ! Mais ? Pas de doute : 3 animaux  (?) sont en train de forniquer en tous sens, nous regardant les yeux dans les yeux, tous phallus en érection ! Nous savions largement que nos bouillants aïeux n’avaient pas peur de la crudité des représentations de ces généreux « esbattements » sexuels. En témoignent des myriades de chapiteaux et modillons dans nos églises romanes, ayant résisté à des siècles de vandalisme, de Contre-Réforme et d’incompréhension des si bien nommés Culs Bénis.

Aubrac, Verlac, église Saint Jacques, chapiteaux-CC BY-NC Jacques BOUBY

Que l’on ait ici délégué à l’univers semi-animal l’incarnation de la concupiscence hard est d’une grande habileté, d’une grande prouesse. Mais pas plus grande que d’avoir osé cette scène, ici, parfaitement éclairée, parfaitement à hauteur des yeux, exhibée dirais-je, à l’entrée même du lieu saint : afin que … Nul n’en ignore !

Aubrac, Verlac, église Saint Jacques, chapiteaux-CC BY-NC Jacques BOUBY

Là, sous le porche où après et avant l’office, les paroissiens se rassemblent et causent, lieu qu’en d’autres contrées on nomme le caquetoir, sous lequel, comme je l’écrivis ailleurs, une fois religieusement accomplis les rites sacrés de la foi, on vient dûment s’esbaudir et caqueter à loisir sur la pluie et le beau temps, la marche de l’histoire, l’état des récoltes, le récit de cent potins adorablement médisants, sans oublier les dernières histoires de cul du village. Bref ! mille et une choses qui raffermissent le lien social.

En tout état de cause nous avons là des signifiants dont nous n’avons pas la clé. Evitons tout au moins de nous rendre ridicule en les jugeant à notre aune puritaine et, considérer comme certains de nos savants exégètes-experts « l’étonnante liberté prise par le sculpteur… qui n’a pas manqué de choquer en son temps … gna gna gna… » est une profonde imbécilité.

Surtout quand on sait que depuis le Concile de Nicée II, la liberté de l’artiste était soumise au contrôle des Pères, autres clercs et … commanditaires ! Et sans entorse, ni escapade.

Alors ?!? Incroyable consensus des commanditaire, artiste, prêtre et public, validé par plusieurs générations qui peut-être sans doute, n’avaient pas les codes d’accès au signifié mais… ont protégé la sculpture, y compris des culs bénits. Alors ?!? RESPECT.

Aubrac, Verlac, église Saint Jacques-CC BY-NC Jacques BOUBY

Voici une voûte en forme de demi coupole, nommée voûte en cul-de-four, rappelant celle du four à pain. Ci dessous Saint Jacques, patron du lieu.

Aubrac, Verlac, église Saint Jacques-CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Verlac, église Saint Jacques-CC BY-NC Jacques BOUBY

Aurelle. Mieux vaut y aller par beau temps, car passe encore de franchir le Mandialou, à la remontée glissante sur les arêtes, mais s’aventurer dans le bois des Escoudats par grand brouillard, environné de voix ténébreuses qui chuchotent sous la hêtraie anxieuse et… peut-être hostile !!!

Aubrac, Aurelle-CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Aurelle-CC BY-NC Jacques BOUBY
Aubrac, Aurelle-CC BY-NC Jacques BOUBY

C’est vrai que ce lieu étrange et mystérieux bruit dans le silence, de voix anciennes qui se sont tues et se promener dans ces ruines n’est pas exempt de trouble sinon de malaise. Svp, n’y allez pas en groupes ! Et n’y parlez pas trop fort, si vous voulez entendre le murmure des pierres !

Aubrac, Aurelle, Presbytère -CC BY-NC Jacques BOUBY

Découvrir parmi herbes folles et ronces de ce lieu solitaire un vulgaire monticule rocheux, jadis château d’une importante seigneurie, possession de la puissante famille des Canilhac, érigée en baronnie au XIIIè, régnant sur cinq communes alentours, amène fatalement à méditer sur la pérennité des  pouvoirs, la fragilité illusoire de l’homme et les tempêtes de l’histoire… Vanitas vanitatum et omnia vanitas

Aubrac, Aurelle, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

Étrange histoire de surcroît que celle de cette église Saint-Pierre d’Aurelle. En 1382, prétextant l’arrivée des Anglais, le marquis de Beaufort, baron d’Aurelle, fait détruire l’église. Carrément ! Motif ? Les Routiers s’en seraient emparé ! Courroucé, l’évêque de Rodez excommunia le Marquis, et obligea tout le village à reconstruire l’église. En…un an. Bon ! Il faut dire que tous les matériaux étaient déjà sur place ! Et… on peut pas dire que l’église soit particulièrement originale : nef unique, chœur terminé par une abside semi-circulaire, ensemble surmonté d’un clocher-peigne à 2 places et toiture de schiste. Bref, fastoche ! Même pas venue l’idée que construire une église romane manière Xè au… XIVè était quelque peu incongru.🤪

Aubrac, Aurelle, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

Étrange encore : peu à peu, plus sensibles au manque de routes qu’à la poésie des lieux, les habitants désertèrent… jusqu’au dernier. Ainsi ce lieu resta épargné par l’Aménagement des Territoires 🤪

AVIS ! Vous ne pourrez pénétrer dans l’église. Où il n’y a RIEN à voir ! Et pourquoi donc ?

Parce qu’une colonie de chauves-souris Grand Rhinolophe, y est en villégiature. Prière de ne pas déranger. Car, c’est bien connu, la pierre d’autel en grès d’une église romane et ses voûtes où ont retenti les chants sacrés, et les prières de paroissiens durant des siècles, sont le lieu privilégié… pour accueillir la fiente de 200 chauves-souris, particulièrement chouchoutées. Enfin, certaines plus que d’autres. Amen

Voici Aunac, entre deux boraldes, jadis sur une voie transversale très fréquentée en Aubrac par les ponts de Carrays et de Terral (reliant Aunac à la très célèbre foire aux bestiaux de La Vitarelle, au sud de Laguiole)… aujourd’hui désertée, transformant  le bourg en … impasse.

Aubrac, Aunac-CC BY-NC Jacques BOUBY

Église Saint-Pierre qui s’impose à la vue dès l’arrivée, légèrement exhaussée entourée, de son petit cimetière…

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBYv
Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

Beaux toits de schistes et jeu sympa des différentes pentes en trapèze et triangles (mis à part cette cheminée saugrenue). Curieux aussi les yeux d’aigles de ses deux ouvertures rondes qui… vous fixent quand vous passez derrière le chevet.

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

Passé l’auvent, on trouve au-dessus de la porte d’entrée l’énigmatique peinture de ce vaisseau et sa coque marquée St P. (allusion possible à saint Pierre, patron des lieux) qui paraît dater … euh ! d’avant hier et manifestement bricolée, avec son petit drapeau bleu blanc rouge et… qui fait craindre le pire pour la suite ! Vu la «fraîcheur» de la peinture, nul doute que la dernière «retouche» ne date pas de 1930.🤪

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

On pénètre dans l’église, vaguement inquiets, grâce à la clé du voisin agriculteur Pierre Mercui qui est gentiment descendu de son tracteur pour nous la confier.

Whaouhhh quel saisissement ! En voilà qui n’ont pas sacrifié 8 siècles d’histoire à… la fiente des chauves-souris ! Voilà des vrais amoureux de leur patrimoine ! La vision d’ensemble est magnifique du sol au plafond et je sens qu’on va y passer du temps : une pépite.

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

Grimpez à la tribune pour le beau point de vue. En haut tout en face, les deux oculus de lumière/ les deux yeux des «aigles» aperçus dehors,  nappent d’une radieuse clarté diaphane le plafond bleu doux.

Nef sobre sans colonne, décorée d’une frise haute, d’un jaune d’aquarelle. Choeur et maître autel resplendissant de couleur. Le tout divinement entretenu, propre à souhait, respirant la passion, la fierté d’honorer l’héritage… de famille !

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

On note l’entrée de deux chapelles latérales qui forment le transept, à gauche dédiée à saint Martial, à droite dédiée à Notre-Dame de Pitié nommée aussi chapelle des De Salgues.

Retable du Maître-autel, à l’architecture classique, bien proportionnée,  aux symboles familiers : porte du tabernacle illustrant la Sainte Trinité : triangle aux rayons d’or transperçant les nuées, façade de l’autel représentant l’Agneau ; symbole du Christ reposant sur le Livre aux sept sceaux, évoqué dans l’Apocalypse, environné de rayons d’or.

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre, retable -CC BY-NC Jacques BOUBY

Christ en croix aux 2 anges agenouillés, surmonté d’un fronton cintré, ensemble rythmé par 4 colonnes, 2 torsadées et finement décorées de pampres et de raisins, 2 cannelées, encadrant Saint Pierre à gauche (et sa clé), Saint Paul à droite (et son glaive)

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre, retable -CC BY-NC Jacques BOUBY

Au dessus des charmantes volutes latérales, 2 statues : Saint Abdon, à gauche, saint Sennen, à droite. Jamais entendu parler ! mais nous en avons trouvé tant et tant de saints locaux non répertoriés, inconnus des calendriers ! Et pourtant dûment honorés…

Sauf que ici une notice fort à propos vient nous éclairer : il s’agit de deux saints persans (Sic) honorés en ce lieu pour leur spécialité : repousser les chutes de grêle dévastatrices de cultures. Sacrément branchés sur le monde, les paroissiens d’Aunac🤪 Et avides des dernières technologies de l’époque

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre, retable -CC BY-NC Jacques BOUBY

Chapelle Saint Martial, retable d’icelui…

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre, retable -CC BY-NC Jacques BOUBY

Encadré par de généreuses volutes aux larges feuilles d’acanthe, ma-gni-fi-que le Saint Martial (jamais encore rencontré en Aubrac) en habits pontificaux dont la crosse divise symétriquement le tableau à la perfection, le séparant d’un ange tout aussi magnifique et sa jolie houppette dorée surmontant son magnifique minois…et son joli narcisse d’Aubrac, tout doré aussi…

En face, Chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié, nommée aussi Chapelle des De Salgues. car ayant servi de chapelle funéraire pour les seigneurs De Salgues (leur blason est apposé sur le mur).

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre, retable -CC BY-NC Jacques BOUBY

Splendide Retable encore : une Pieta encadrée de somptueuses colonnes torsadées soutenant une corniche elle-même surmontée d’un fronton représentant le triangle de la sainte Trinité, rayonnant de tout son or.

Tous les instruments de la Passion y sont représentés, mais bien plus que parfois : les outils du supplice, certes, mais aussi l’aiguière du lavement des mains de Pilate, les dès des soldats tirant au sort la tunique sans couture de Jésus, la lampe du serviteur du grand prêtre recherchant le Christ dans la nuit, au Mont des oliviers, les 30 deniers (au grand complet !) de la trahison de Judas, le coq chantant de Saint Pierre, bien sûr…

Aubrac, Aunac-CC BY-NC Jacques BOUBY

Et c’est en faisant le tour de l’édifice que l’on découvre cette tour qui ouvre l’accès et à la tribune et au clocher, mais aussi cette douloureuse verrue du presbytère qui appartient à la famille Mercui, génératrice de surcroît de la disgracieuse cheminée qui gâche la photo de l’autre face 🤪

Aussi nous ne retiendrons avec émotion que le magnifique souvenir de cette face…

Aubrac, Aunac, église Saint-Pierre -CC BY-NC Jacques BOUBY

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *